
En ce jour de Grève féministe, les résultats des votations genevoises envoient un signal particulièrement préoccupant pour les droits des femmes. L’acceptation de l’ouverture de deux dimanches supplémentaires pour les commerces consacre une nouvelle dégradation des conditions de travail dans un secteur majoritairement féminin. Dans le même temps, l’interdiction des signes religieux dans les parlements poursuit la stigmatisation des femmes musulmanes et alimente des logiques d’exclusion incompatibles avec une société égalitaire.
Ces deux objets, bien que différents dans leur nature, participent d’une même dynamique : celle d’attaques contre les femmes des milieux populaires, qu’elles soient travailleuses précaires ou victimes de discriminations. Que ces mesures aient obtenu une majorité dans les urnes en ce 14 juin ne peut laisser indifférent. Face à ces reculs, une réaction collective est nécessaire dès aujourd’hui à la manifestation NOG7.
UN OUI ARRACHÉ PAR LE MENSONGE, MAIS QUI NE TIENDRA PAS LONGTEMPS !
A moins de 2% d’avance la loi trompeuse, liberticide et d’inspiration islamophobe sur les opinions religieuses des élu.e.s imaginée par l’UDC et appuyé par le PLR et ses acolytes de droite et d’extrême droite a passé la rampe.
Cette « victoire » à l’arraché est le fruit du mensonge puisque les auteur.e.s de cette loi ont prétendu qu’elle respectait le droit supérieur et était nécessaire à la laïcité de l’État.
C’est doublement faux, les élu-e-s qui ne sont pas des représentant-e-s de l’État doivent avoir la plus large liberté d’opinion et d’expression dans nos parlements et conseils municipaux, y compris celle d’exprimer leur opinion en matière de religion, ceci par la parole, comme par tout autre moyen fut-il capillaire ou vestimentaire.
Cette loi illégale – pour être appliquée - demanderait de ficher tous nos élu.e.s quant à leurs opinions religieuse. C’est impossible et relève d’une ingérence inqualifiable dans la vie privée de ces personnes.
Quoi qu’il en soit, cette loi à n’en pas douter sera cassée par les tribunaux, comme ses dispositions l’ont déjà été une fois déjà par la chambre constitutionnelle de la Cour de justice du Canton de Genève.
Mais ce OUI aussi temporaire soit-il est un signal d’alarme qui doit nous inciter à redoubler d’énergie dans la lutte contre la xénophobie, le racisme et en particulier l’islamophobie, dont l’absurde loi sur le « burkini » votée en mars par le parlement genevois était une première manifestation.
Enfin, notre pensée solidaire - en ce 14 juin va – aux femmes musulmanes portant le voile pour qui cette disposition constitutionnelle est un camouflet particulièrement abject qui tend à en faire des citoyennes de seconde zone privée du droit de siéger dans notre parlement et nos conseils municipaux
Cette nette défaite dans les urnes constitue un revers important après plus de dix ans de luttes et de victoires contre l’extension du travail dominical. Durant toutes ces années, les salarié·e·s, les syndicats et les forces de gauche ont défendu les conditions de travail des vendeuses et vendeurs, mais aussi l’existence d’un temps commun préservé de la logique marchande et de la consommation de masse.
Pour faire passer ce projet, le Conseil d’État, emmené par Delphine Bachmann, a multiplié les artifices et les manœuvres politiques afin de servir les intérêts des grandes enseignes. Cette stratégie a malheureusement permis de faire pencher la balance en faveur des milieux patronaux, au détriment des travailleuses et travailleurs du commerce.
Pour autant, nous devons tirer collectivement les enseignements de cette défaite. La campagne du NON n’a pas réussi à construire un rapport de force suffisant. Elle n’a pas été assez visible dans l’espace public et n’a pas permis une implication suffisamment large des salarié·e·s directement concerné·e·s. Face à une offensive patronale qui ne s’arrêtera pas là, il est indispensable de reconstruire une mobilisation plus forte, plus ancrée dans les lieux de travail et plus combative pour défendre les droits des travailleuses et travailleurs.
L’Union Populaire se félicite du refus net de l’initiative « Stop à 10 millions » par près de deux tiers des votant·e·s genevois·es. Alors que le résultat au niveau fédéral demeure incertain au moment où nous écrivons ces lignes, le message envoyé par Genève est sans équivoque. La population a rejeté une initiative qui prétend répondre aux difficultés sociales en désignant les personnes migrantes comme responsables de problèmes dont elles ne sont pas à l’origine. Cette proposition ne répond ni à la crise du logement, ni à la pression sur les salaires, ni aux difficultés rencontrées par les services publics. Ces enjeux découlent avant tout de choix politiques et économiques qui favorisent les intérêts privés au détriment de la majorité de la population. En refusant largement cette initiative, Genève affirme qu'il est possible de répondre aux défis sociaux par la solidarité, le renforcement des services publics et la justice sociale, plutôt que par la stigmatisation et l'exclusion.
Le canton de Genève refuse fièrement à 55% cette restriction des droits. Cependant, les résultats fédéraux indiquent une acceptation de cette modification. L'accès au service civil sera donc restreint davantage, alors qu'il est déjà péjoré par une longueur accrue. Ce texte, largement porté par la droite, montre le climat de militarisation généralisé et cet échec probable nous signale le besoin de réfléchir d'une autre manière les questions de défense et de service civil.